Le farz pitilig fait partie de ces plats qu’on ne voit presque jamais dans les livres de cuisine, mais que beaucoup de Bretons préparent les yeux fermés. Une pâte simple, une poêle en fonte, du beurre qui dore : une spécialité du Finistère qui traverse les générations. Dans cet article :
- ce que signifie “farz pitilig” et ses différences avec les autres fars bretons
- la liste d’ingrédients et les étapes de préparation
- la technique de cuisson spécifique
- comment le déguster, sucré ou salé
Temps de préparation : 15 minutes
Temps de cuisson : 20 à 30 minutes (selon le nombre de fournées)
Nombre de portions : 4 personnes
Qu’est-ce que le farz pitilig ?
Un nom breton, une explication simple
En breton, farz pitilig se traduit par “far à la poêle”. Le mot farz désigne une préparation à base de farine cuite, pitilig renvoie à la poêle. C’est une pâte à crêpe épaisse, cuite comme une omelette : on verse, on laisse prendre, on ramène les bords vers le centre, on retourne. Texture dense, goût beurré marqué, quelque part entre la crêpe épaisse et l’omelette.
Originaire du Finistère, c’est le plat des cuisines familiales, préparé quand le frigo est presque vide ou quand des enfants débarquent à l’improviste.
Farz pitilig, farz fourn, farz buen : quelles différences ?
Le farz pitilig n’est pas le seul “far” breton. Le farz fourn est cuit au four, souvent aux pruneaux : c’est lui qu’on désigne généralement sous le nom de “far breton” hors de Bretagne. Le farz buen est une variante régionale du farz pitilig, laissé cuire plus longtemps, puis découpé en boulettes qu’on trempe dans du lait Ribot.
Les ingrédients du farz pitilig (pour 4 personnes)
- 300 g de farine de blé (ou de blé noir pour une version plus rustique)
- 3 à 4 œufs
- 70 g de sucre en poudre + 1 sachet de sucre vanillé
- 50 cl de lait entier
- 50 à 100 g de beurre demi-sel (dont une noix pour la poêle)
- 1 pincée de sel
Comment préparer la pâte
L’ordre de mélange et le secret du beurre en copeaux
Commence par mélanger les ingrédients secs : farine, sucre, sucre vanillé et sel. Ajoute les œufs, puis verse le lait progressivement en fouettant pour éviter les grumeaux. La pâte doit être fluide, comme une pâte à crêpe légèrement épaisse.
Le détail qui change tout : ajoute le beurre en copeaux, râpé directement dans la pâte plutôt que fondu. En fondant à la cuisson, ces petits morceaux créent des poches de saveur et une texture légèrement feuilletée.
Le temps de repos : pourquoi il compte vraiment
Laisse reposer la pâte au minimum une heure à température ambiante, couverte d’un torchon. Ce repos permet à la farine d’absorber le lait. Tu peux aussi la préparer la veille et la réfrigérer : sors-la 15 minutes avant de cuire.

La cuisson du farz pitilig : la technique pas-à-pas
Quelle poêle choisir ?
Privilégie une poêle en fonte de taille moyenne. La fonte chauffe de manière homogène, y compris sur les bords, ce qui est essentiel pour cette cuisson. Une poêle trop large donnera une crêpe trop fine et difficile à manipuler.
Le geste clé : ramener les bords vers le centre
Fais chauffer la poêle à feu moyen, dépose une noix de beurre et attends qu’il soit bien doré avant de verser une louche de pâte pour obtenir environ 1 cm d’épaisseur.
Dès que les bords commencent à se décoller, soulève-les avec une spatule et ramène-les vers le centre. La pâte encore liquide s’écoule sur la fonte et cuit à son tour. Répète jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de pâte liquide, puis retourne le farz, laisse dorer l’autre face quelques dizaines de secondes, baisse le feu et termine la cuisson deux à trois minutes. Le farz se mange chaud, tout juste sorti de la poêle.
Comment déguster le farz pitilig ?
Version sucrée : les accompagnements traditionnels
Nature avec un peu de sucre saupoudré, c’est déjà très bien. Pour rester dans la tradition bretonne, sers-le nappé de caramel au beurre salé ou d’une confiture de fruits, mûres sauvages ou framboises en tête. Une confiture de lait, préparée avec du lait entier et du sucre longuement mijotés, est une autre option gourmande.
Version salée : avec quoi le servir ?
Le farz pitilig accompagne traditionnellement le kig ha farz, le pot-au-feu breton. Dans ce contexte, il joue le rôle d’un féculent servi avec le bouillon. Réduis simplement la quantité de sucre dans la pâte, voire supprime-le complètement.
FAQ
Qu’est-ce que le farz ?
Le mot breton farz désigne toute préparation à base de farine cuite, dans un sac de toile plongé dans un bouillon (farz fourn) ou à la poêle comme ici. Le terme recouvre plusieurs préparations selon les régions de Bretagne.
Comment se mange le far breton ?
Le far breton classique (farz fourn, aux pruneaux) se mange tiède ou froid, découpé en tranches comme un gâteau. Le farz pitilig se mange chaud et immédiatement, servi à l’assiette, nappé d’un accompagnement sucré ou en accompagnement d’un plat salé.
Peut-on préparer la pâte à l’avance ?
Oui. La pâte se conserve une nuit au réfrigérateur. Sors-la 15 minutes avant de cuire et mélange légèrement avant usage.