Il y a des plats qui n’ont pas besoin d’être sophistiqués pour être inoubliables. Le farz pitilig en fait partie. Cette spécialité du Finistère se prépare en moins d’une heure avec cinq ingrédients de base, et elle concentre tout ce que la Bretagne sait faire en cuisine : des produits simples, beaucoup de beurre, et une générosité sans calcul.
Dans cet article, tu vas découvrir :
- ce que signifie vraiment “farz pitilig” et en quoi il diffère du far breton classique
- la recette complète, pas à pas
- les deux secrets d’une cuisson réussie
- toutes les façons de le déguster, sucré comme salé
Temps de préparation : 15 min | Temps de cuisson : 25 min | Nombre de portions : 4 personnes
Farz pitilig, farz fourn, farz buen : quelle différence ?
Le mot farz désigne en breton une préparation à base de farine cuite à la chaleur. Plusieurs variantes coexistent, et elles n’ont pas grand-chose à voir entre elles.
Farz pitilig vs far breton au four : ne pas les confondre
Le farz fourn est le far breton classique, cuit au four, souvent avec des pruneaux. Dense et moelleux, il ressemble à un flan épais. Le farz pitilig ne passe jamais par le four : “pitilig” signifie littéralement “à la poêle” en breton. La texture est celle d’une crêpe épaisse, avec une croûte dorée au beurre et un cœur souple. Même famille de nom, expérience gustative entièrement différente.
Le farz buen, variante au lait Ribot
Dans certains coins du Finistère, on prolonge la cuisson jusqu’à obtenir une pâte très compacte, découpée en boulettes qu’on trempe dans du lait Ribot, le lait fermenté breton légèrement acidulé. Cette version, le farz buen, est plus rustique, typiquement associée aux repas de travail à la ferme.
La recette du farz pitilig
Temps de préparation : 15 min | Temps de cuisson : 25 min | Portions : 4 personnes
Ingrédients :
- 300 g de farine de blé
- 70 g de sucre en poudre
- 1 sachet de sucre vanillé
- 3 œufs
- 50 cl de lait entier
- 50 à 100 g de beurre demi-sel (dont un morceau pour la poêle)
- 1 pincée de sel
Préparation :
- Mélange la farine, le sucre, le sucre vanillé et le sel dans un saladier.
- Ajoute les œufs, puis verse le lait progressivement en fouettant pour éviter les grumeaux.
- Incorpore le beurre en copeaux directement dans la pâte, sans le faire fondre. C’est là que réside le moelleux final.
- Laisse reposer la pâte au moins 1 heure à température ambiante. Tu peux aussi la préparer la veille et la conserver au réfrigérateur.

La cuisson, le vrai secret du farz pitilig
Poêle en fonte et beurre en copeaux : les deux règles d’or
Utilise une poêle pas trop large, en fonte de préférence : elle garantit une chaleur homogène, sans zones brûlées ni bords crus. Fais chauffer un bon morceau de beurre jusqu’à ce qu’il mousse et dore légèrement. C’est ce beurre noisette qui donne la croûte caramélisée du farz pitilig.
Verse une louche de pâte pour obtenir environ 1 cm d’épaisseur. Ramène les bords vers le centre à la spatule au fur et à mesure qu’ils prennent, comme pour une omelette. La pâte liquide s’écoule et cuit à son tour.
Comment retourner le farz pitilig sans le casser ?
Pose une assiette à l’envers sur la poêle, maintiens-la fermement et retourne l’ensemble d’un geste vif. La crêpe atterrit sur l’assiette, côté cuit vers le haut. Fais-la glisser dans la poêle et laisse dorer l’autre face quelques secondes. Renouvelle jusqu’à épuisement de la pâte.
Comment déguster le farz pitilig ?
Version sucrée : caramel au beurre salé, confiture, miel
Le caramel au beurre salé reste l’accompagnement de référence en Finistère. Une confiture de mûres, un miel local ou du beurre fondu avec du sucre fonctionnent aussi très bien. Pour aller plus loin, une confiture de lait maison, obtenue en faisant mijoter du lait entier avec du sucre pendant 2 h 30, apporte une douceur caramel irrésistible.
Version salée : en accompagnement du kig ha farz
Le farz pitilig accompagne traditionnellement le kig ha farz, le pot-au-feu breton où viandes et légumes mijotent dans un bouillon. La pâte remplace le pain et absorbe le jus du plat : un rappel que cette recette est née dans des cuisines de ferme, où rien ne se gaspillait.